Les marchés au plus haut, qu’attendre pour la fin de l’année ?

Malgré un léger repli ces derniers jours, les cours de Bourse atteignent des sommets pour le plus grand bonheur des investisseurs. Combien de temps cela peut-il durer ? L’avis de trois gestionnaires.

Achevé de rédiger le 10/11/2017

Alors qu’elle s’annonçait à haut risque, l’année 2017 s’est montrée jusqu’à ce jour très favorable aux marchés actions. Le CAC 40, l’indice des grandes valeurs du marché parisien, a par exemple progressé de 12,25 % depuis le 1er janvier (au 8 novembre 2017). Pour retrouver des cours à ce niveau, il faut remonter à fin 2007 alors que le krach financier n’avait pas encore produit ses effets dévastateurs.

Si le CAC 40 retrouve des couleurs, certaines valeurs de la Bourse de Paris affichent des résultats encore plus insolents. Ainsi, un récent article des Echos indique que pas moins de dix valeurs de l’indice ont atteint un plus haut historique au cours du mois d’octobre, dont le groupe de luxe LVMH, le concessionnaire Vinci, ou encore les industriels Michelin, Schneider et Air Liquide.

Or, l’adage boursier dit bien que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » ! Ce panorama invite donc à se poser des questions : la Bourse risque-t-elle de décevoir en cette fin d’année ? Peut-elle continuer sur cette tendance positive ? Le point de vue de trois gestionnaires d’actifs.

JP Morgan Asset Management : « la croissance s’accélère »

Dans sa note sur les perspectives du quatrième trimestre, JP Morgan AM souligne la bonne santé économique de la zone euro. Croissance du PIB, baisse du chômage, inflation contenue et confiance retrouvée des consommateurs constituent une combinaison gagnante pour les marchés. D’autant que l’incertitude politique qui prévalait en 2016 a été balayée. Désormais, ce sont les anticipations de résultats des entreprises qui vont être au centre de toutes les attentions. Car les niveaux de marge, qui commencent tout juste à se redresser, sont encore loin de ceux constatés aux États-Unis.

Dans ce contexte, le gestionnaire américain est confiant pour la fin de l’année. « La croissance domestique soutenue sur le Vieux Continent, conjuguée à un environnement marqué par une croissance mondiale vigoureuse, devrait continuer de porter la reprise des actions européennes », indique-t-il. Il précise que les entreprises dont l’activité est tournée vers les marchés intérieurs devraient être particulièrement favorisées par cette dynamique.

Amundi Asset Management : « un stade plus mature dans le cycle »

Le géant français de la gestion d’actifs est également confiant sur la croissance de la zone. Dans leur analyse de novembre, les gérants d’Amundi soulignent la vigueur des statistiques d’activité. Ces dernières les confortent dans l’idée que la croissance devrait rester robuste et accompagnée d’une inflation modérée. Ils ne négligent néanmoins pas le risque lié au niveau de valorisation des actions. « Le marché haussier dure depuis longtemps et les valorisations sont plus que justifiées. Dans ce contexte, et en particulier sur les marchés développés, la sélection des valeurs revêt plus d’importance que jamais. »

L’équipe spécialisée sur les actions précise qu’elle anticipe une poursuite de l’appréciation des marchés dans les tous prochains mois. Ensuite, une phase de « maturité » du cycle devrait survenir courant 2018. Les gérants estiment d’ailleurs qu’une réorientation des portefeuilles peut d’ores et déjà être entamée. « Nous pensons que les investisseurs doivent commencer à rechercher plus d’équilibre entre les valeurs cycliques (industrie et consommation discrétionnaire) et défensives (santé, par exemple). » En outre, « des prises de bénéfices ne sont pas à exclure dans les secteurs qui viennent d’afficher des performances particulièrement bonnes (petites capitalisations italiennes par exemple). »

Oddo BHF Asset Management : « Attention à ne pas décevoir »

Chez Oddo aussi la confiance est au rendez-vous. Le gestionnaire souligne dans sa dernière note de stratégie d’investissement l’impact positif de l’élection d’Emmanuel Macron, qui a rassuré les investisseurs sur la solidité de l’intégration européenne. Au-delà de l’aspect politique, les indicateurs sont au vert, selon la société de gestion : production de crédits aux ménages et aux entreprises dynamique, carnets de commande bien remplis, chômage en baisse et enquête de conjoncture positives.

Dans sa note, Oddo s’inquiète toutefois d’un risque de déception du marché si les résultats des entreprises ne sont pas aussi bons qu’espérés. Le message est clair : les gérants vont devoir se montrer sélectifs dans leur choix de secteurs et de valeurs. Par exemple, « certains secteurs présentent des ratios de valorisation élevés avec un momentum (c’est-à-dire une tendance) de croissance en ralentissement comme la consommation, l’agroalimentaire, la grande distribution », est-il indiqué.

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