Famille des fonds en euros, comment bien s'y retrouver

Famille des fonds en euros, comment bien s'y retrouver

Ces dernières années, les assureurs ont remodelé leur fonds en euros classique. Certains d’entre eux ont même fait preuve d’innovation pour réinventer leur offre traditionnelle. Quels sont ces supports en euros d’un nouveau genre ? Sont-ils plus intéressants que les fonds en euros classiques ? On vous dit tout !

 

Les fonds en euros traditionnels

La création des fonds en euros classiques remonte aux origines de l’assurance vie. Havres de sérénité, ils ont été très plébiscités par les épargnants ces dernières décennies.
Cet attrait s’expliquait par trois grandes promesses persuasives (garantie en capital, disponibilité et effet de cliquet), des rendements satisfaisants et un accès sans limite.

Aujourd’hui, le contexte est différent : les taux sont durablement bas voire négatifs, entraînant alors dans leur sillon les rendements des fonds en euros, et des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes pèsent sur les épaules des assureurs.

Alors pour préserver les rendements de leurs fonds en euros traditionnels, les assureurs se sont organisés.
Ils ont tout d’abord modifié leur stratégie d’investissement. Contrairement à ce que l’on pense, les fonds en euros ne détiennent pas une part écrasante d’obligations souveraines (obligations émises par des États). La crise de la dette de la zone euro de 2011 (avec les fameux PIIGS pour Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne) a rappelé aux investisseurs, dont les assureurs, qu’un État était parfois moins solvable que des entreprises bien gérées. Les assureurs vie en ont tiré les conséquences en diversifiant leur portefeuille, c’est-à-dire en réduisant significativement leur exposition à des pays considérés comme risqués, et en accordant une place plus importante aux obligations d’entreprises de qualité (au détriment de la dette souveraine).

Pour freiner la collecte sur leur fonds en euros et satisfaire les intérêts de leurs assurés, un très grand nombre d’assureurs ont par ailleurs restreint l’accès à leur fonds en euros en imposant une quote-part d’investissement en unités de compte. Cette restriction s’impose à partir d’un certain montant de versement, voire dès le 1er euro.

Enfin, une tendance de fond se dégage chez les assureurs, à savoir de ne plus afficher une garantie du capital à 100% sur leur fonds en euros, mais plutôt une garantie hors frais annuels de gestion.
Ainsi, votre éventuelle perte se limiterait au maximum au montant de ces frais.
Prenons un exemple. Votre fonds en euros dispose d’une garantie partielle, hors frais annuels de gestion, sachant que ceux-ci s’établissent à 0,60%. Cela signifie que votre fonds en euros vous offre une garantie en capital à hauteur de 99,40%.
La garantie n’est donc plus totale… même si à ces plafonds de garantie, on peut estimer que les fonds en euros concernés apportent un niveau certain de sécurité à votre épargne.

C’est aussi dans ce contexte que des assureurs proposent aux côtés de leur fonds en euros traditionnel des fonds en euros d’un nouveau genre. Comme les fonds en euros classiques, ceux-ci n’affichent pas forcément une garantie en capital à 100%. Ils se démarquent surtout par leur stratégie d’investissement.

Les fonds en euros opportunistes

Les fonds en euros de nouvelle génération dits opportunistes ont pour objectif de générer de meilleures performances sur le moyen/long terme que leurs aînés. Pour cela, ils peuvent investir dans des classes d’actifs diversifiées, telles que l’immobilier ou les actions, dans des proportions plus élevées. La stratégie de gestion sera donc définie par les opportunités de marché et par les convictions du gestionnaire.

Bien qu’ils présentent une diversification plus large, les fonds en euros opportunistes tiennent tout de même les grandes promesses des fonds en euros classiques, à savoir la garantie du capital (partielle ou totale), la disponibilité à tout instant et l’effet cliquet.

Les fonds en euros opportunistes affichent des perspectives de rendement à moyen/long terme plus attrayantes. Pour accéder à ces supports, une part de l’investissement doit le plus souvent être allouée à des unités de compte, pour lesquelles le capital n’est pas garanti.

Les fonds en euros à prépondérance immobilière

Les fonds en euros immobiliers présentent une allocation d’actifs particulière. Ils sont essentiellement composés d’immobilier d’entreprises, détenu soit de manière directe soit de manière indirecte (c’est-à-dire via des SCI, SCPI ou OPCI). L’assureur s’engage également ici à respecter la garantie du capital (partielle ou totale), sa disponibilité et l’effet cliquet.

En revanche, la souscription de ce type de fonds en euros peut être limitée dans le temps. En effet, l’assureur peut suspendre la collecte afin de conserver une certaine qualité dans ses investissements. Par ailleurs, l’accès aux fonds en euros immobiliers est bien souvent conditionné à une part d’investissement en unités de compte relativement importante, pour laquelle le capital n’est pas garanti.

Les fonds en euros dynamiques avec une gestion à coussin

Le principe de la gestion à coussin est simple. L’assureur répartit son investissement sur 2 poches : une poche sécurisée (le coussin) et une poche dynamique, investie en OPCVM, visant à capter de meilleures performances. Ici aussi les promesses des fonds en euros sont tenues. Et si les perspectives de rendement sont meilleures que celles des fonds en euros classiques, les niveaux de rendements présentent une volatilité élevée. La ventilation entre les 2 sous-jacents est calculée de manière à garantir le capital de l’épargnant. La poche investie en OPCVM oscille entre 20 et 30 % du portefeuille selon les assureurs. Tant que les marchés boursiers sont haussiers, elle profite de cette performance. Mais si les marchés reculent, la part investie sur les marchés financiers est réduite voire soldée, afin de ne pas mettre en danger la garantie du capital.
Prenons l’exemple pour un capital de 1 000 € avec une poche diversifiée de 30 %. Si le placement sans risque peut être rémunéré à 2 %, les 700 € placés sans risque rapportent 14 € sur l’année. Ainsi, pour garantir le capital, les 300 € investis en actions peuvent perdre jusqu’à 14 €, soit environ 4,6 %. Si ce seuil est atteint, la poche dynamique est totalement vendue. Sans cela, le rendement global des 1 000 € risquerait d’être négatif.
L’inconvénient des fonds en euros dynamiques vient donc de ce mécanisme. En effet, si le fonds a dû réduire à néant sa part investie en actions et que les marchés remontent, il ne pourra pas profiter de cette hausse.

Les fonds euro-croissance

Créés fin 2014, les fonds euro-croissance ont pour objectif de proposer une alternative aux fonds en euros traditionnels. Leur principe est semblable à celui des fonds euro-diversifiés, qui existaient déjà.
Ici, le capital investi n’est pas garanti à tout moment mais à une certaine échéance. Et cette garantie peut être totale ou partielle. Ainsi, lors de chaque versement, l’assuré détermine le terme de son investissement (entre 8 et 40 ans) et le niveau de garantie de son capital à l’échéance (entre 80 et 100 %). Le fait de fixer ces critères permet à la compagnie d’assurance de disposer de plus de marge de manœuvre dans la gestion du fonds euro-croissance. Si l’épargnant souhaite effectuer un retrait avant le terme prévu, il le pourra mais avec le risque de constater une moins-value.
Comme pour les fonds en euros dynamiques avec une gestion à coussin, l’assureur va calculer selon la rémunération des actifs sans risque, quelle part du capital peut être consacrée à des actifs diversifiés sur la durée tout en respectant l’engagement pris selon le niveau de garantie à l’échéance.
Or, à l’heure actuelle, la rémunération des actifs sans risque étant très faible, cette part de diversification sera forcément minime. Et cela ne laisse pas vraiment augurer de réelle surperformance, en tout cas sur les échéances les plus courtes et les garanties totales du capital. Les fonds euro-croissance peuvent être souscrits aux côtés des fonds en euros traditionnels. Les contrats qui proposent de tels supports affichent ainsi différents niveaux de garantie en capital :

  1. Une garantie à tout moment avec le fonds en euros traditionnel ;
  2. Aucune garantie du capital avec les unités de compte ;
  3. Et une garantie différée avec le fonds euro-croissance.

Mis à jour le 10/01/2022

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